Il n’y a rien de plus réparateur qu’une nuit dans un lit douillet et un petit déjeuner complet. La journée commence sur les chapeaux de roues mais surtout sur un chemin de randonnée entre champs et forêt. Nous ne distinguons même pas la trace de la route et pourtant le GPS indique la bonne voie, celle pour rejoindre la piste cyclable menant à Worms, ville frontière entre le Land de Hesse et de la Rhénanie-Palatinat.

Nous rejoignons le Rhin, colonne vertébrale de l’Europe Rhénane et longeons le fleuve sur la rive gauche, dans la zone industrielle de Worms. Nous sommes aux antipodes de la bucolique route allemande du vin. Ici règne béton et ferraille, bruits industriels et vacarme urbain d’une route double voie. Vite le retour à la campagne !

Au niveau de Gernsheim, nous prenons le ferry pour traverser le Rhin et bifurquer en direction de Darmstadt. Nous restons toujours étonnés par cette facilité à nous déplacer à vélo en Allemagne. Rares sont les portions où nous pédalons sur routes passantes. Parfois, les villes posent plus de difficultés et à Darmstadt nous échouons à plusieurs reprises dans la quête du centre-ville. Tant pis, nous ne voulons pas faire demi-tour. Mon omoplate, mon cou, mon épaule me tiraillent. Cette gêne quotidienne n’aura pas ma peau. Nous nous installons à la première terrasse venue pour s’hydrater et étudier les différentes possibilités pour dormir. Un camping se situe à une dizaine de kilomètres, on appelle, il y a de la place, on y va. 90 kilomètres dans les jambes, comme tous les soirs, nous n’avons pas besoin de berceuse.

Jusqu’à Francfort, nous traversons la forêt. L’air est doux et nous croisons quelques sportifs foulant le bitume pour un running matinal. Le pont qui traverse la voie rapide au niveau de Neu-Isenburg ne nous facilite pas la tâche. Jérôme s’attaque aux marches en portant les vélos l’un après l’autre et moi, je le filme.

Le petit obstacle à Neu-Isenburg

Cela faisait plusieurs années, que nous n’avions pas mis nos pieds à Francfort. Aujourd’hui nous y sommes à vélo et nous roulons en terres connues. Nous traversons Sachsenhausen, où je suis née, et atteignons le pont Untermainbrücke. Devant nous, les buildings de Mainhattan. Les rues sont encombrées de voitures, piétons et cyclistes. L’effervescence de la ville. Nous nous frayons un chemin pour nous rendre sur la place principale : Römerberg. A défaut de prendre une saucisse entre deux bouts de pain à emporter, nous nous installons en terrasse. Les vélos tiennent tant bien que mal sur la béquille. Nous surveillons le moindre frôlement qui pourrait faire tomber nos montures, un vrai jeu d’équilibriste.

Frankfurt Am Main
Les maisons à colombages de Francfort sur la Römerberg

L’ambiance est propice à la flânerie, mais nous n’avons pas assez roulé pour nous arrêter. La sortie de Francfort n’est pas évidente et une dame s’arrête pour nous indiquer la route à prendre pour sortir au nord-est de la ville et rejoindre Altenstadt, point de départ de la piste cyclable « Vulkanradweg ».

Il est environ 18h00 lorsque nous commençons les recherches pour trouver le spot de bivouac parfait. Nous avançons mais toujours rien. Rien qui nous convienne, rien qui me convienne. Peut-être que je fais ma difficile, mais je suis fatiguée et cette omoplate ne cesse de tirer. Tourner la tête vers la gauche et un réel supplice, je serre les dents. 10 kilomètres de recherche plus tard nous sommes toujours sans endroit où dormir. Nous avons atteint la barre des 90 kilomètres et dans un virage, je manque de tomber en le prenant un peu trop large. Mon pneu dérape sur le rebord entre le bitume et les champs et le poids du vélo n’aide pas à garder l’équilibre. Je peste. Je veux un lit.

Arrivés à Ortenberg, nous nous arrêtons au premier hôtel venu. Le supermarché Rewe, et sa caissière malpolie qui souffle quand je cherche la monnaie, nous permettent de faire le plein de provisions pour le soir et le lendemain matin. Nous profitons de cette soirée pour prendre l’apéro à la terrasse de l’hôtel, se détendre, prendre plaisir et tenter d’oublier la fatigue qui règne en maître.

Sur la Vulkanradweg

Nuit réparatrice. Au petit matin, le plaisir d’enfourcher son vélo est toujours présent, l’impatience de découvrir un nouveau recoin de l’Allemagne nous comble. La journée commence avec une douce montée de 30 kilomètres puis continue avec une agréable descente de 40 kilomètres. Nous roulons en forêt sur chemin bitumé, les sensations sont bonnes. La Vulkanradweg offre de belles surprises comme ce pont photogénique envahit de verdure, de belles communes où règne un sentiment de quiétude et au-dessus de notre tête, le château d’Eisenbach. On se régale grâce à cette piste cyclable. On se régale également grâce aux Shokobons gentiment offerts par un groupe de cyclotouristes allemands, de sortie pour la journée. Nous papotons 5 minutes avec eux, parlons infrastructures cyclables et comparons la France et l’Allemagne : il nous reste du boulot !

Vulkanradweg
A travers la forêt sur la Vulkanradweg
Vulkanradweg
Gedern sur la Vulkanradweg
Vulkanradweg
Le château d’Eisenbach

Il est quasiment 16 heures lorsque nous débarquons à Lauterbach. Nous sommes tout de suite charmés par cette petite ville de 14 000 habitants et ses maisons à colombages. Point de dépaysement pour le moment, l’architecture est presque la même qu’en Alsace, à quelques détails de poutres en bois prêt ! Le banc le long du petit ruisseau nous fait de l’œil et tombe à pic pour la pause déjeuner : les barres de céréales nous aurons calés jusqu’à maintenant. Nous sortons notre grande carte de l’Allemagne de sa pochette pour étudier la suite de l’itinéraire. La Vulkanradweg étant très plaisante, nous décidons de poursuivre sur cette route jusqu’à Schlitz, ville de croisement avec la Fuldaragweg, prochaine piste cyclable que l’on va suivre.

Le charmant village de Lauterbach

Nous larguons les amarres à Schlitz et quelle bonne surprise en apprenant que l’accès à la piscine extérieure accolée au camping, est inclus dans le prix. Il nous reste deux petites heures avant la fermeture. Timing parfait pour faire quelques longueurs et se dégourdir les jambes dans l’eau fraiche du bassin. L’espace dédié aux tentes est relativement étroit et nous nous retrouvons juste à côté du coin vaisselle. Pratique, me direz-vous, pour nettoyer ses assiettes sans sortir de la tente ! Comme souvent, nous sommes les derniers à cuisiner au camping (décalage France vs. Allemagne sur l’heure du repas), ce qui nous permet d’avoir la table commune pour manger avec en cadeau, les miettes des autres vacanciers sans savoir-vivre. Décidément ce camping n’aura pas été des meilleurs (malgré la piscine) car la proximité des tentes a perturbé le sommeil de Jérôme qui s’est fait réveiller par des ronflements et les aboiements d’un chien.

Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

Write A Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.