Aujourd’hui, nous quittons une région viticole française pour rejoindre la plus ancienne route des vins, celle en Allemagne, celle en Rhénanie-Palatinat : plus communément appelée Deutsche Weinstrasse. Le désir d’en faire une attraction touristique est né en 1935. Depuis elle compte un grand nombre de touristes, est réputée à travers le monde et accueille de multiples cyclotouristes, comme nous. La grande porte à Schweigen-Rechtenbach, édifiée en 1963, marque l’entrée sur la route des vins allemands et la fin d’un parcours cyclable relativement plat.  

Les vignes surplombent le paysage et les colombages habillent les maisons des villages. Le décor nous est familier et nous rappelle le Haut-Rhin, que nous avions visité à vélo lors de notre sortie sur la Véloroute du Vignoble Les caves à vin sont omniprésentes. A chaque coin de rue on peut s’essayer à la dégustation des spécialités de la région de la Pfalz chez le viticulteur ou dans les restaurants. Nous, on se contente de passer et zieuter à l’intérieur des cours, toujours très soignées. On y devine également l’ambiance festive qui y règne lors des fêtes des vins.  

route des vins allemands

En dehors des communes, le chemin cyclable traverse les vignes. La plaine d’Alsace semble loin. Ici des murs surgissent de nulle part. Pas le temps de prendre de l’élan, alors on baisse les vitesses et on grimpe la côte. Chacun à sa technique, l’un en danseuse et l’autre assis sur la selle. Au début nous avançons l’un à côté de l’autre mais au final, c’est toujours Jérôme qui m’attend. Au bout de la montée, nous nous félicitons, trinquons avec nos gourdes et admirons le paysage. Le panorama qui nous est offert vaut toujours la sueur dégoulinante, les jambes qui piquent et les galères des montées. Pour rien au monde nous changerions d’itinéraire pour n’avoir que du plat.  

Notre fatigue aura raison de notre avancée. Nous nous arrêtons plus tôt que prévu, au bout de 62 km. Par chance, nous trouvons le spot de bivouac parfait entre les vignes, avec table et bancs pour manger confortablement. Des promeneurs marchent au loin, personne ne nous remarque, nous sommes au calme pour la nuit. Au petit matin, le bruit lointain d’un moteur nous sort de nos songes. Nous émergeons paisiblement jusqu’à entendre le grondement du tracteur de plus en plus proche. Ni une, ni deux, nous rangeons nos affaires, plions la tente et refermons les sacoches. Comme si de rien n’était, nous nous installons sur la table et prenons le petit-déjeuner. Le tracteur s’en va labourer d’autres vignes. Personne ne nous a repéré.  

La Deutsche Weinstrasse continue sa route entre les vignes et à travers les villages, plus jolis les uns que les autres. Chaque coups de pédale est toujours un réel plaisir. Au bout du troisième jour, la lassitude ne nous envahit pas, bien au contraire. Les paysages qui défilent lentement empêchent toute routine et nous stimulent tout au long de la journée. Nos yeux scrutent, sont aux aguets, un coup d’oeil à gauche, un coup d’œil à droite, on ne veut rien louper, surtout les situations qui peuvent nous mettre dans l’embarras : les chiens ! Petits ou gros, le meilleur ami de l’homme n’est pas celui des cyclistes. Dans la rue principale d’un village, Jérôme s’est fait surprendre par un Golden Retriever non attaché, qui est venu lui aboyer dessus. Plus de peur que de mal, il a su garder son équilibre mais nous attendons encore un petit mot d’excuse de la part du maître, qui se tenait à côté !  

A Neustadt an der Weinstrasse nous descendons des vélos pour déjeuner sur la place principale. Au milieu des terrasses, nous sommes assis au pied de la fontaine avec notre part de pizza. Avant de poursuivre notre chemin, nous poussons les vélos pour découvrir les petites ruelles de la ville. A Deidesheim nous faisons une courte halte, l’occasion de se rafraîchir les bras, la nuque et les jambes avec l’eau fraîche des toilettes publiques. Des petits gestes du quotidien qui prennent leur importance lors de séjours à vélo afin d’avoir une relative sensation de propreté. Nous atteignons quasiment la fin de la route des vins allemands. Mais d’abord, nous immortalisons notre passage à Bad Dürkheim avec une photo devant le plus grand tonneau du monde, d’un volume de 1,7 million de litres et construit en 1934.  

Pour rejoindre la maison paternelle, deux itinéraires s’offrent à nous. Nous connaissons celui par la route que nous avons déjà emprunté à plusieurs reprises en voiture. Une montée sur plusieurs kilomètres et pas de piste cyclable selon nos souvenirs, on élimine cette option rapidement. Sur notre Smartphone, l’itinéraire bis semble être plus calme, nous bifurquons à Kleinkarlbach sur la Talstrasse. Les premières gouttes de pluie sont de la partie et les vignes ont disparues pour laisser place à la forêt. Nous empruntons une départementale guère rassurante. Heureusement, les voitures sont prudentes et prennent leur distance pour dépasser. Nous atteignons enfin le village qui nous fera dévier vers Nackterhof, la destination finale. Selon le gps, nous sommes passés devant l’intersection, mais nous n’avons vu aucune route, juste un chemin de randonnée en pleine forêt impraticable à vélo. Après observation et questionnement, il s’agit bien de notre itinéraire. Pas le choix, on y va. Nous nous insérons dans la forêt en poussant nos vélos de 40 kg dans une montée escarpée sur plusieurs mètres. Le chemin se fait moins raide et nous remontons sur les vélos pour pédaler tout en évitant gros cailloux et racines des arbres. Nos VSF tout terrain sont infaillibles. Nous avançons tranquillement, tantôt à pieds, tantôt à deux roues jusqu’au bout de la forêt, jusqu’au retour du goudron. Quelques mètres nous séparent de la maison avec une dernière grimpette, histoire de nous mettre encore plus en appétit pour les Wienerschnitzel (escalope de veau panées) du soir ! 


Retour d’expérience de la route des vins allemands :

Nous avons pris 2 jours pour faire ce fabuleux itinéraire cyclable. Pour en profiter pleinement nous vous conseillons de prendre au moins 3 jours, pour faire de petites étapes et s’arrêter dans les villages, en terrasse et boire un coup ! Pour se loger, il n’y a aucune difficulté. On trouve sur le chemin de nombreux hôtels, maisons d’hôtes ou camping. Si vous aimez le cyclotourisme viticole, nous ne pouvons que vous recommander cette randonnée.

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Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

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