Je ne sais pas vous, mais à la simple évocation du mot Göttingen, me vient à l’esprit le visage de Barbara. Je vois aussi cet épisode de Karambolage sur Arte qui relatait l’amour que portait Barbara pour la ville. Mais mes souvenirs sont vagues et c’est tout ce dont j’ai retenu. Du coup, rien de mieux que d’y mettre les pieds pour se remémorer ces lointaines images. 

Dans le train en provenance de Hann. Münden, nous réservons notre hébergement pour la nuit. Les prix ne sont pas donnés, mais ce soir, on souhaite se faire plaisir. Ce sont les vacances avant tout (l’excuse pour se faire plaisir) ! Nous arrivons avec nos tenues de cyclistes, et nos mines de sportif fatigué, dans le grand hall de l’hôtel. Lors du check-in, nous demandons s’ils disposent d’un garage ou un local pour y déposer nos vélos. La réponse est négative, malheureusement, il faudra accrocher les vélos sur les rambardes en face de l’hôtel. Devant notre expression du visage en décomposition totale, on nous rassure en insistant sur le fait qu’une personne est à l’accueil toute la nuit et la lumière du hall reste allumée. Pas d’autres choix, nous attachons les vélos avec nos cadenas et détachons les sacoches, chargeur, gourdes, tendeurs. Lorsque l’on récupère la chambre, notre inquiétude s’éclipse et laisse place à l’admiration devant le lit king size, le petit salon et la grande douche. Le grand luxe.  

Göttingen
Göttingen
« Mais c’est bien joli tout de même, à Göttingen, à Göttingen »

Nous sommes comme flambant neuf pour aller au centre-ville. Les cuissards ont été troqués par les habits du dimanche (à savoir, jeans + basket). Coiffé, maquillé et tout propre, nous avons la sensation d’être de nouvelles personnes. Nous déambulons dans les rues de Göttingen, les jambes lourdes et fatiguées et la faim au ventre. C’est au restaurant Zum Szultenburger que nous prenons un repas de sportif avec un énorme Schnitzel (escalope de veau pané), pommes de terre sautées et quelques feuilles de salade pour se donner bonne conscience.

Repas des champions

La nuit fut agitée. Nous avons tous les deux cauchemardé sur le vol de nos vélos ! A 6h du matin et sans réveil, nous sommes dans le lit, yeux grands ouverts. Jérôme file voir si les vélos sont toujours là, grand ouf de soulagement en les voyant toujours accrochés, à la même rambarde. Sereins, nous allons au petit-déjeuner vêtus comme des athlètes (au milieu des clients en pantalon et petite chemise) et prenons l’énergie nécessaire pour cette nouvelle journée.

Nous sortons de Göttingen par le Nord, la piste cyclable est sécurisée le long d’une départementale relativement passante. Le décor est gris, bétonné, urbain, pas assez calme. Les 30 kilomètres qui séparent Göttingen à Einbeck sont relativement plats, mais le revêtement est moyen. A Einbeck, petite ville connue pour sa vieille brasserie de 600 ans (on nous a recommandé de boire la Einbecker Bier, mais il est encore trop tôt), nous bifurquons sur l’Eurovélo 2, qui nous mènera directement à Berlin. Les premières bornes sont très agréables mais à partir de Bad Gandersheim les choses se corsent avec de fortes montées, parfois sur des cailloux et un parcours accidenté.  

L’Eurovelo 2
L’Eurovelo 2

101,14 kilomètres. Goslar. Mon corps dit stop : deux genoux + épaule k.o. Jérôme est en forme physiquement mais s’est choppé une infection à cause du frottement de la selle et du cuissard. La douleur est vive. Nous prenons à nouveau un hôtel, allons au Mc Do d’en face et filons au lit, l’esprit tranquille car les vélos sont dans un local fermé.  

Au petit matin le réveil est difficile. Sur la place principale de Goslar, nous prenons le petit déjeuner en terrasse, au soleil. Nous n’avons plus envie de bouger, on tarde, on n’arrive pas à se motiver à reprendre la route. Les douleurs de la veille sont encore présentes. Alors on parle, on discute et on émet des hypothèse :  

  • « On peut prendre le train pour avancer un peu et faire de plus petites étapes »  
  • « Et sinon Leipzig c’est pas trop loin et il y a même une bonne liaison en train pour pas trop cher » 
  • « Et en dormant en auberge de jeunesse on s’en sort pas trop mal » 
  • « Il y a un train dans 1 heure au départ de Goslar, on le prend ? » 
  • « D’accord, je réserve l’auberge pour deux nuits ! » 
L’architecture de Goslar
La terrasse de tous les possibles

Requinqués par ce changement de plan de dernière minute, nous nous partons vers la gare, le sourire aux lèvres. Nous sommes heureux. Heureux de pouvoir se reposer. Heureux de découvrir Leipzig 

Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

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