Nous quittons un itinéraire cyclable pour en rejoindre un nouveau : la Fuldaradweg. Longue de 260 km, cette piste longe majoritairement la rivière Fulda, depuis la ville du même nom jusqu’à Hannoversch Münden (ou plus simplement, Hann. Münden). La Vulkanradweg est derrière nous mais restera une agréable surprise, une route coup de cœur.  

Le vert domine tout le long de la Fulda. La piste en voie propre est roulante et plate. Nous avançons l’un à côté de l’autre et papotons tout en pédalant. Une construction impressionnante émerge au loin, un pont destiné au ICE, le TGV allemand. En s’y approchant, nous nous sentons tout petit face à ses pieds. 

Nous traversons Rotenburg an der Fulda. Encore une ville où règnent les colombages sur les maisons, ambiance médiévale assurée, mais loin d’être dépaysé ! Qu’importe ! Ce voyage à vélo à travers l’Allemagne est un enchantement, une découverte en profondeur, jour après jour, de ce magnifique pays qui nous tient à cœur. Et nous avons hâte de vivre une telle expérience en France.  

Rotenburg an der Fulda
Rotenburg an der Fulda

Nous passons d’une rive à l’autre de la Fulda. Tantôt à droite, tantôt à gauche. Une valse lente entre les berges et sur les ponts. Pour la traversée à Malsfeld, pas de passerelle mais un bac manuel. De l’autre côté, un groupe de six cyclo-voyageurs très joyeux qui se fendent la poire sur le bac. Nous attendons patiemment notre tour en rigolant de leurs plaisanteries. Pour avancer, nous devons tourner la manivelle, plus on est rapide, plus vite nous serons de l’autre côté. Je me chauffe les bras et donne tout ce que j’ai pendant que Jérôme filme tranquillement. A mi-parcours, nous échangeons les rôles.  

Fuldaradweg
Passage au-dessus de la Fulda
Fuldaradweg
Autre passage au-dessus de la Fulda

A l’heure de la pause barres de céréales, Jérôme est posé sur un banc pendant que je prends quelques photos. Un monsieur s’arrête et discute. Nous échangeons quelques mots puis nous invite à prendre le café chez lui. Il habite une ferme à quelques kilomètres de là. Malheureusement, nous ne pouvons accepter l’invitation, car nous devons encore rouler pour ne pas prendre trop de retard. L’inconvénient d’être limité dans le temps et d’avoir prévu de trop grandes étapes !  

Nous traversons rapidement la ville de Melsungen par son centre historique et sa rue piétonne. Le jour tombe et les terrasses accueillent quelques locaux et touristes. Il fait bon et on se prélasserait bien autour d’un verre ou deux. Mais nous devons rejoindre notre camping situés quelques kilomètres plus loin.  

Melsungen

En arrivant à notre campement, on comprend mieux son nom : Fuldawiese, que l’on pourrait traduire par le prairie de la Fulda. Un havre de paix dans un écrin de verdure. Le camping est familial et ne paye pas de mine. Un peu vieillot par endroit, mais les emplacements sont spacieux et vert. Nous arrivons, comme souvent, en début de soirée. Le temps de monter la tente et prendre la douche qu’il fait déjà nuit noire. Nous cuisinons à la lueur de nos frontales et lampe dynamo, assis par terre et en prenant l’apéro. Un réconfort habituel après de longues heures à pédaler (aujourd’hui 98,2 km). Ce soir, nous faisons un repas de fête avec des aliments achetés au marché plus tôt dans la journée. Au menu, pommes de terre sautées avec oignons et fromage, un régal !   

Le lendemain matin, le temps est mitigé, l’air est humide. Nos habits n’auront pas eu le temps de sécher et nous les accrochons entre nos sacoches et les tendeurs. Le soleil a décidé de se cacher sous une grosse couche de nuages gris. Mais par chance, on évite toujours et encore l’averse de pluie. Nous sommes à Kassel dans le centre de l’Allemagne. Plus symbolique pour nous pas sa situation géographique (situé à 70 kilomètres au nord-ouest du centre géographique de l’Allemagne) nous ne nous attardons pas spécialement dans la ville, mais immortalisons tout de même notre arrivée : se retrouver au cœur de l’Allemagne par la force de nos mollets mérite une photo souvenir ! 

Kassel : centre de l’Allemagne

La Fuldaradweg se termine à Hann. Münden, ville de Basse-Saxe. Nouveau Land, nouvel itinéraire, nous nous dirigeons tout d’abord vers le centre ville et la place de l’église magnifiquement entourée de maisons à colombages. Jérôme s’en va chercher quelques saucisses pour remplir nos estomacs affamés. Je me pose en attendant sur un banc avec les deux vélos chargés, une dame s’assied à côté de moi et nous échangeons quelques mots. 

Nous prenons un moment pour regarder la suite de l’itinéraire. Encore une trentaine de kilomètres avant d’arriver à Göttingen, où nous prévoyons de passer la nuit dans un hôtel. C’est jouable, mais pas de tout repos. Nous sommes déjà à 65 kilomètres, si nous rajoutons ces 30 de plus, nous dépasserons encore les 90 kilomètres. Et ce soir, nous voulons profiter de la ville et se faire un restaurant sans être exténué à 20h00.  

Place principale de Hann. Münden

Aujourd’hui, nous empruntons donc notre premier train jusqu’à Göttingen. Les places dédiées aux vélos dans les trains régionaux allemands nous fascinent ainsi que la facilité déconcertante d’allier vélo et train. Nous nous asseyons à côté de nos imposantes montures et réservons un hôtel non loin de la gare. 

Quel étrange sentiment que de voir défiler le paysage à toute allure et d’entendre le ronronnement des roues sur les rails. Une douce mélodie berçante. 

Vélos dans le train
Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

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