Nous avons eu la chance de pouvoir rester 1 mois au Kirghizstan et ainsi profiter au maximum de ce beau pays. Nous avons fait du vélo, du cheval et de la marche, logé en hostel, guesthouse et yourte, fait du camping sauvage. En parallèle des carnets de voyage, nous avons concocté un guide pratique qui regroupe toutes les informations utiles pour organiser son voyage au Kirghizistan.

Avant de commencer, la première chose à savoir est, qu’en tant que français, nous n’avons pas besoin de visa pour une durée totale de 60 jours. Plus d’excuses pour ne pas fouler les terres kirghizes ces prochaines années !

Les glaciers au lac Kul Ukok

Notre itinéraire

Notre voyage a commencé à vélo, jusqu’à ce qu’on tombe malade et s’est poursuivit en sac à dos pour faire du cheval et de la randonnée. Nous avons concocté une petite carte avec notre itinéraire à vélo, ainsi que les villes et points d’intérêts où nous sommes allés.

Une partie du Kirghizstan

Vous pouvez retrouver nos récits de voyage sous les liens suivants :

Se déplacer

A vélo

Le Kirghizistan est un pays très apprécié par les voyageurs à vélo car les paysages sont grandioses et on peut facilement se retrouver seul quand on s’aventure à travers les montagnes. Les seules difficultés résident dans les différents cols à franchir (Oui, le Kirghizistan n’est pas plat, c’est un enchaînement de montées et de descentes on passe facilement la barre des 3000 mètres d’altitude) et les pistes de terres, de petits cailloux ou en tôle ondulée qui font du mal à votre vélo (pensez à resserrer les vis régulièrement !). Mais si on vient au Kirghizstan, c’est aussi pour ça.

En dehors des grands axes, les voitures et les camions sont peu nombreux. Nous essayions de privilégier les routes jaunes ou les petites rouges sur notre carte routière (Gizi Map achetée à Bishkek dans le magasin geoID). La conduite des kirghizes est plutôt approximative, ils roulent vite et ne prennent parfois pas assez de distance de sécurité pour dépasser. Néanmoins, les portions à fort trafic sont minoritaires. Pour Issyk-kul, privilégiez plutôt la partie sud du lac, plutôt que le nord.

Avant de tomber malade à Chaek, nous voulions tout faire à vélo. L’itinéraire que nous avions en tête était le suivant : rejoindre le lac Song Kul, redescendre sur Naryn et pédaler dans la vallée, rejoindre la partie sud d’Issyk-kul et retourner sur Bishkek. Mais ça c’était avant nos changements de plan, du coup on a testé d’autres moyens de déplacement pour compléter ce guide.

1 mois au Kirghizistan
Entre les montagnes kirghizes à vélo
En marshrutkas

Le marshrut quoi ? C’est le transport en commun par excellence au Kirghizstan. Un genre de minivan, où l’on s’entasse à l’intérieur. Certains sont même aménagés avec une couchette pour y passer la nuit. Les marshrutkas parcourent le pays, vous pouvez facilement vous déplacer en utilisant ce moyen de transport et en plus ce n’est pas cher.

Pour trouver le bon marshrutkas c’est simple, il suffit de se rendre à la gare routière (ou un semblant de gare routière dans les plus petites villes) et demander s’il va à votre destination. On ne s’est jamais renseigné sur les horaires, on a jamais réservé à l’avance, on s’est toujours rendu sur place et on nous a toujours ramené vers le bon marshrutkas, en privilégiant les départs le matin au cas où il n’y avait pas de transport dans l’après-midi. On a également remarqué qu’il n’y avait pas forcément de règles en fonction du remplissage : parfois nous étions mieux assis qu’à d’autres moments.

Un marshrutkas rempli
En taxi partagé

Sur certaines portions, comme entre Balyktchi et Kochkor, il n’y a pas de marshrutkas mais des taxi partagés. Un chauffeur vous prend dans son minivan et part quand le véhicule est plein. Le tarif n’est pas cher et est le même pour tous.

Location d’un 4×4 ou van russe

Beaucoup de personne loue des 4×4 avec ou sans chauffeur pour être le plus autonome possible. C’est une bonne solution pour ne pas être tributaire des transports en commun et permet de parcourir une bonne partie du pays. Nous avons rencontré plusieurs personnes ayant loué un véhicule sans chauffeur et se sont très bien débrouillé seul, à condition de savoir au moins changer un pneu ! La seule chose à savoir est que vous allez souvent vous faire arrêter par la police pour n’importe quelle raison et vous devrez lâcher un petit billet. Selon un couple rencontrer chez Tunduk, il faut préparer une bonne liasse de billet de 200 soms, c’est ce qu’il faut donner selon eux, pas plus (ils ont souvent négocié pour ne pas payer plus et ça a marché).

Un autre couple, également rencontré chez Tunduk, avait loué un van russe (vous pouvez voir leurs photos sur leur page facebook), il avait vraiment belle allure et l’avantage de pouvoir y dormir à l’intérieur

Van russe croisé en descedant d’Altyn Arashan
Le stop

Au Kirghizistan, tout le monde devient chauffeur au moindre pouce levé, mais rare sont ceux qui vous prendrons gratuitement (parfois ça marche quand même, mais demandez avant au chauffeur pour qu’il n’y ait pas de confusion). Dans les villages plus reculés, le stop est un moyen de transport comme les autres utilisés aussi par les locaux.

Nous avons fait du stop à Tosor pour aller au canyon Skazka et rejoindre Kochkor. Mais également à Bishkek pour retourner à notre auberge et de Ak Suu à Karakol après notre trek vers le lac Ala Kul. Même en étant à 5, nous avons toujours trouvé un vehicule.

En ville

Pour dépenser le moins possible, la solution est le marshrutkas qui coûte 10KGS qu’importe la destination. Il faut juste réussir à trouver le bon mini bus et pour ça, il est possible de s’aider de l’application BUS.kg.

Sinon, autre solution est le taxi qui coûte forcément plus cher ou vous pouvez utiliser l’application Namba Taxi, le UBER local.

Se loger

Le Kirghizstan est sans doute le pays dans lequel nous avons fait le plus de logements différents. Hôtel, hostel, guesthouse, en yourte, en bivouac ou la tente dans un jardin, tout est possible. En ville, ce sera plus hôtel, hostel ou guesthouse et dans les montagnes il faudra camper ou dormir en yourte.

Voyager au Kirghizistan
Yourte kirghize

Les yourtes sont généralement pourvues de couverture, mais nous dormions tout de même habillé car à plus de 3000 mètres d’altitude, en août, il fait bien frais (je mettais aussi mon bonnet pour réchauffer la tête). Nous avions avec nous également un drap de soie. Pour les plus frileux, prévoyez un sac de couchage en plus. Notre dernière nuit, au bord du lac Kul Ukok a été particulièrement fraiche, même avec les couvertures. J’ai beaucoup regretté mon sac de couchage et ma doudoune restés à Bishkek. Vu que les yourtes ne sont pas BBC, il risque d’y avoir des courants d’air, surtout si vous dormez à l’une des extrémités. Au niveau des tarifs, une nuit en yourte avec petit-déjeuner coûte 450KGS.

En bivouac, c’est presque comme en yourte mais en plus frais. Notre plus haut bivouac était à 2500 mètres d’altitude. Il faut donc prévoir du matériel de qualité et qui tienne chaud, également pour les habits.

Lieu idyllique pour un bivouac

Récapitulatif de nos hébergements :

  • Bishkek : Tunduk Hostel – 20$ la chambre double ; 8$ la tente dans le jardin
  • Sosnovka : Guesthouse
  • Chaek : Guesthouse Eco Tour (à fuir)
  • Kyzart : tente dans le jardin – gratuit
  • Kochkor : Jailoo – 350 soms le lit en dortoir
  • Karakol : Karakol Issyk Kul Otel (à fuir) – 17€ la chambre double avec petit-déjeuner
  • Karakol : Duet Hostel – 250 soms le futon dans la yourte
  • Altyn Arashan : Eco Yurt Camp – 900 soms / personnes (repas et petit déjeuner compris)
  • Tosor : Eldos Ata Eco Hotel
  • Kochkor : Saikal Guesthouse

Se nourrir

La nourriture en Asie Centrale n’est pas réputée pour être la plus fine du monde. Composée majoritairement à base de riz, de mouton, de gras et parfois d’entrailles, ce n’est pas facile tous les jours !

Nos meilleures souvenirs culinaires sont celles lors des sorties à cheval ou à la guesthouse Saikal à Kochkor. On a pu goûter de nombreuses spécialités, parfois étonnantes comme du poisson et des pâtes au petit-déjeuner. En dehors de ça, quand on est pris en main, on ne meurt rarement de faim. Les tables dans les yourtes sont toujours garnies de pains, de confiture, de bonbons et nous nous sommes régalés lors du « tea time » avec le pain frais et les confitures faites maison.

1 mois au kirghizstan
Repas en yourte lors de la randonnée à cheval

Lorsqu’on veut être autonome, il y a la possibilité de faire quelques courses dans les villes et villages plus ou moins grands et on trouvera toujours des pâtes et du pain, mais surtout de la Vodka (à 1€ la bouteille) ou des snickers ! Le choix sera vite limité et pas très diversifié, notamment dans les petits villages. Les légumes se font aussi plus rares. A vélo, prévoyez des réserves car on est vite coupé du monde.

Là où ça se complique c’est lorsque l’on veut manger au restaurant, car il faut privilégier les villes. Même à Kochkor nous n’avions pas trop de choix.

Les spécialités : Laghman, Manty, Sarrasin, Kumis, Kourouts

Bonnes adresses et bons plans :

  • Restaurant Karakol à Bishkek
  • Les supermarchés avec partie traiteur : Bishkek ou le Globus de Sokuluk. Ils ont l’avantage de proposer des plats préparés et variés.

Carte sim

Dès l’arrivée à l’aéroport, on vous proposera gratuitement une carte sim prépayé et il n’y a pas de piège ! La carte sim est en effet gratuite partout, il faut juste payer le crédit que l’on met dessus. Plusieurs opérateurs sont sur le marché : O, Beeline et Megacom. Nous avions au début O et Beeline, puis j’ai changé pour O également, car Beeline a un réseau nettement inférieur.

Pour charger votre crédit, rendez vous à une borne que l’on trouve dans les supermarchés ou directement chez l’opérateur :

  • Choisissez votre opérateur
  • Entrez votre numéro de téléphone
  • Mettez un billet de 100KGS
  • Validez et vous recevrez une confirmation par sms

Avec 100KGS vous avez le droit à 10GB de data internet, 5 minutes de communication pendant 1 semaine. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec la borne, allez chez votre opérateur et demandez qu’on le fasse pour vous.

S’habiller et s’équiper

A vélo, il est nécessaire d’avoir tout le matériel pour être entièrement autonome sachant que l’on peut être plusieurs jours d’affilés dans les montagnes, sans passer par des villes ou villages. Vous pouvez trouver la liste complète du matériel dans notre article dédié aux équipements camping pour un voyage à vélo. Concernant l’habillement, prévoyez des habits chaud pour le soir quand vous serez en montagne car dès que le soleil se couche, il fait vite froid. La journée, en pédalant nous avions chaud : cuissard et t-shirt étaient suffisants. Le soir on enfilait le pantalon, la polaire, la doudoune et le bonnet (et même les gants).

vélo au Kirghizstan
Passage de rivière

A cheval, nous n’avions pas de tenues spéciales, juste un pantalon dans lequel on est à l’aise et des chaussures fermées. Je privilégiais mon legging de sport car il a l’avantage d’être souple et sans coutures gênantes. Pareil qu’à vélo, il faut prévoir des habits chaud pour la montagne. Je n’avais pas ma doudoune avec moi et c’était bien dommage, car elle m’aurait été utile à plusieurs reprises en plus de ma polaire, de mon haut mérino à manches longues et de ma coupe-vent. Si votre randonnée à cheval est organisée par une agence, vous n’avez pas besoin de matériel de camping, néanmoins, prenez au moins un drap de soie, au mieux votre sac de couchage si vous avez peur d’avoir froid.

1 mois au Kirghizistan
Kul Ukok

A pieds, nous avions le même équipement qu’à cheval car nous n’avions pas besoin d’être totalement autonome. Si vous partez pour un trek sur plusieurs jours et vous comptez camper, dans ces cas là, il faudra bien évidemment tout le matériel de camping. Même si sur votre chemin vous passerez à côté de camps de yourtes, elles peuvent être pleines en haute saison et n’auront donc pas de places pour vous accueillir (il y a pas contre toujours la possibilité de planter la tente à côté des yourtes et partager le repas). Prévoyez de bonnes chaussures de marche, des encas, de l’eau et à vous la montagne kirghize.

Voyager au kirghizistan
En t-shirt à plus de 3000 mètres d’altitude !

Faire du cheval au Kirghizstan

La solution la plus simple est de passer par une agence qui organisera le séjour à cheval du début à la fin, avec un guide. Plusieurs agences proposent des randonnées à cheval, le mieux est de comparer les prix et les prestations de chacun. Nous sommes passés par Jailoo (à Kochkor) les deux fois où nous avons fait du cheval. L’agence CBT est également réputée. Il faut compter entre 90 et 150€ pour une randonnée à cheval de 2 ou 3 nuits. Le prix va dépendre du nombre de personnes dans le groupe (jusqu’à 4 personnes maximum pour 1 guide) et de la durée du trek. Par exemple, nous avons payé 135€ par personne pour le lac Song Kul : 4 jours de cheval (3nuits) à 5 personnes (donc 2 guides).

Il est aussi possible de louer un cheval à la journée auprès des paysans et de partir seul. Etant complètement novice dans la pratique du cheval, cette solution n’était vraiment pas faite pour nous !

A cheval dans les montagnes kirghizes
Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

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