Depuis la Turquie, nous sommes passés en Iran par le poste frontière de Bazargan, juste après Dogubeyazit. Après les formalités administratives et l’attente dans la file, nous franchissions le sol iranien, à pieds, pour une durée de trois semaines. Dans cet article orienté “pratique”, nous espérons répondre aux interrogations que l’on peut se poser avant d’organiser un tel voyage.

1. Notre itinéraire en Iran sur 3 semaines

3 semaines en Iran

 

  • Tabriz, le temps de s’acclimater
  • Isfahan, découverte du mode de vie à l’iranienne et d’un joyau de la Perse
  • Kashan, la ville aux portes du désert
  • Yazd, ses ruelles, ses badgirs et notre coup de coeur
  • Shiraz, Persépolis et Nécropoles

2. Se déplacer

Les bus et les trains

Il est très facile de trouver un bus ou un train pour se déplacer en Iran et sauter de villes en villes. A la gare routière, on nous prend rapidement en charge, à peine sorti du taxi. Il suffit ensuite de dire où l’on veut aller et on vous emmène au bon guichet.

Il existe deux sortes de bus : les standards et les VIP. Ces derniers sont très confortables avec climatisation, de l’espace pour les jambes (surtout en version 2+1) et sièges inclinables pour bien dormir. Un encas est toujours prévu dans le bus avec une boisson, le tout, gratuitement. Lorsque nous avions pris le bus de nuit entre Tabriz et Isfahan, un repas était compris dans le prix du ticket.

Nous avons également pris un train de nuit entre Shiraz et Téhéran. Nous avons payé le repas en plus du prix du ticket mais un encas avec des biscuits est distribué gratuitement, tout comme le thé. Notre compartiment était composé de 4 couchettes, ce fut un voyage très confortable.

Récapitulatif de nos déplacements en Iran :

  • Maku – Tabriz : bus (145 000 rials / personne)
  • Tabriz – Isfahan : bus de nuit (720 000 rials / personne)
  • Isfahan – Kashan : bus (175 000 rials / personne)
  • Kashan – Yazd : train (325 000 rials / personne)
  • Yazd – Shiraz : bus (320 000 rials / personne)
  • Shiraz – Téhéran : train de nuit 1 150 000 rials / personne avec le repas)
Les taxis et l’application Snapp

En ville, il y a beaucoup de taxis, des jaunes, des blancs, des officiels, des officieux. Généralement, ils viennent tous vers vous avant que vous ne sachiez vous-mêmes si vous prenez un taxi ou non ! Si vous vous promenez tranquillement en ville et que vous attendez pour traverser, un taxi sera toujours la pour dire “Taxi ?”. Beaucoup d’iraniens proposent également de faire chauffeur et guide pour se rendre aux lieux touristiques (comme à Persepolis depuis Shiraz). N’hésitez pas à négocier le prix si vous ne passez pas par une agence. Si votre chauffeur parle anglais, il pourra également faire office de guide. En règle général, même pour une petite course, négociez le prix et fixez le avant de monter dans la voiture. Lorsqu’on avait un bon feeling avec un chauffeur, on laissait plus que prévu et là, vous aurez le droit au plus beau des sourires !

Il existe aussi dans les grandes villes iraniennes une application du style Uber qui se nomme SNAPP. Le prix est fixé d’avance via l’application et est généralement deux fois moins élevé qu’un taxi officiel. On paye le chauffeur en cash à la fin de la course. Pas d’ambiguïté possible.Pour télécharger l’application il faut faire une petite manipulation car elle a été supprimée des stores à cause des sanctions … Suivez les instructions de cet article pour avoir Snapp.

La place de l’Imam à Isfahan

3. Se loger

Les principales villes offrent de nombreux hébergements, de l’hôtel grand luxe à l’auberge de jeunesse. Il y en a donc pour toutes les bourses, pour toutes les envies. On peut également loger chez des iraniens (même si ce n’est pas autorisé) grâce au site Homestay (un genre d’Airbnb) ou gratuitement grâce au réseau Couchsurfing ou Warmshowers (pour les cyclo-voyageurs). Petite remarque concernant Couchsurfing : beaucoup d’Iraniens font payer leurs hôtes, certains sont très explicites dans leur annonce comme notre hôte à Kashan, d’autres le sont moins. Ils proposent aussi souvent des prestations de guide, donc on ne sait plus trop si c’est l’argent ou la rencontre qui prend le dessus. A vous de faire votre propre opinion via les différentes annonces, mais Couchsurfing en Iran n’est pas pareil que dans les autres pays.

Booking ne fonctionne pas dans ce pays et très peu d’hébergement sont référencés sur Google. Nous avons beaucoup fonctionné par le bouche à oreille ou en cherchant sur des blogs et forum. A nous maintenant de vous donner nos bonnes adresses :

  • Isfahan : Ragrug Hostel
  • Yazd : Kalout Hostel
  • Shiraz : Taha Hostel
Le bazar de Shiraz

4. Se nourrir

C’est le point où nous avons eu le plus de soucis. Venant de Turquie où le pays grouille de restaurants, de terrasses, de pidé et de lahmacun, c’est le désenchantement lorsque l’on veut manger sur le pouce, ou même trouver un petit restaurant. Dans certaines villes, nous avons marché assez longtemps avant de trouver un endroit où se poser pour manger autre chose que de la glace. On trouve énormément de fast food avec des burgers et des pizzas pas très bons et très gras. Pour manger plus typique, nous avons eu plus de mal. Mais tout s’explique : en Iran, on va rarement au restaurant et encore moins en famille. Cuisiner est une marque de respect pour ses hôtes (surtout quand il s’agit de la belle- maman !). Dans les auberges de jeunesse, nous cuisinions parfois nous-mêmes : des pâtes, salade de tomates et concombres, mais ce n’était pas toujours facile de trouver une épicerie de fruits et légumes (on en cherche encore dans le quartier ou nous logions à Téhéran).

Mais ne nous décourageons pas, nous avons également mangé de très bons plats et fait de belles découvertes culinaires : Dizi, Ghormeh Sabzi, Kabab, confiture de carottes. Jérôme a testé la boisson nationale, le Doogh (une boisson à base de yaourt) mais il a préféré l’Ayran turc (difficile de concurrencer la cuisine turque dans cette région du monde !).

On aime aussi beaucoup se poser en terrasse et boire un verre. On a pu le faire à Yazd, sur un toit et à Shiraz sur la place de la mosquée Vakil.

Nos adresses (pas très nombreuses) :

  • Shiraz : Qavum pour un bon Dizi / Joulep pour boire un verre
  • Yazd : Baam café / Tourist free library (pour un thé sur le toit de la terrasse)
Coucher de soleil depuis le toit de la librairie touristique à Yazd

5. Acheter une carte sim en Iran

Nous avons acheté nos cartes SIM à Tabriz. Ce n’était pas forcément évident car tous les magasins de téléphonie ne vendent pas de carte SIM aux touristes. D’abord nous sommes allés chez Irancell qui nous a envoyé dans une boutique juste à côté. Quoiqu’il en soit, il y aura toujours une solution et l’on vous dirigera vers la bonne boutique. Sur place, le vendeur activera la carte sim et vous pourrez ressortir avec votre nouveau forfait. Vous avez le choix entre plusieurs forfaits dans un package crédit d’appel + data internet (2, 5 ou 10 GB). Nous avons pris une carte sim avec 10 GB de donnée internet (les yeux du vendeur quand il a su que était une 20 jours !) et une autre sim avec 2 gb.

Tarif des cartes sim : 400 000 rials pour 10 GB d’internet et 250 000 rials pour 2 GB.

Avant d’arriver en Iran, assurer vous de télécharger un VPN sur votre smartphone. Il vous servira à aller sur les sites bloqués : Facebook, twitter, Netflix etc …

Toit du bazar de Kashan

6. S’habiller

Commençons par les hommes car c’est plus rapide, il faudra simplement se mettre en pantalon. Vous pouvez rester en t-shirt (on évite tout de même les débardeurs).

Pour les femmes, la liste est plus longue, il faudra :

  • Se couvrir les jambes avec un pantalon ou une jupe longue. J’avais lu à plusieurs reprises qu’il fallait quelque chose de large, mais sur place je me suis rendue compte que beaucoup d’iraniennes portaient des jeans slims. Du coup, j’avais l’impression de ressembler à un sac à patates avec mes habits larges … Parfois, je troquais donc mon pantalon contre un legging ;
  • Couvrir les fesses avec une tunique, un gilet ou autre qui arrive vers la moitié des cuisses ;
  • Avoir des manches longues qui couvrent au moins jusqu’à la moitié de l’avant-bras. En dessous de ma tunique à manches longues, je mettais un t-shirt mérino pour avoir moins chaud et éviter de trop transpirer. Plutôt efficace ;
  • Se couvrir les cheveux avec un voile. Pensez à une matière légère et fine pour ne pas avoir trop chaud. Pour que le voile ne tombe pas à la moindre petite brise, je faisais un chignon haut ;
  • Pour les chaussures, vous pouvez montrer vos pieds. Je suis restée en sandalettes tout le voyage et j’ai pu peaufiner mon bronzage des pieds avec de belles marques zébrées !

Une fois sur place, vous verrez que les iraniennes conjugent parfaitement la mode avec leurs restrictions vestimentaires. Elles ont beaucoup de goût, sont très classe et aussi très jolie. Certaines ont aussi le voile très en arrière et laissent apparaître une bonne partie de leurs cheveux (j’ai remarqué que c’était beaucoup le cas à Shiraz).

Tunique, legging et voile bleu

7. Le budget détaillé

Nous étions en Iran en basse saison, du 4 au 24 juillet 2018. A cette époque, le taux de change était de 1€ = 90 000 – 92 000 rials. Depuis les nouvelles sanctions américaines, le taux a complètement changé et ne fait que changer (pour le plus grand malheur des iraniens …). Pour vous tenir à jour, vous pouvez consulter ce site de conversion (prix en toman, je vous explique juste après la différence), XE n’a pas le bon taux.

Toman, rials, comment s’en sortir ? La monnaie officielle est le rials mais tout le monde parle en toman. Heureusement 1 toman = 10 rials, donc la conversion est facile. Une petite gymnastique à avoir lorsqu’on vous annonce un prix (convertir en rials, puis en euro !).

Comme il est impossible de retirer aux distributeurs automatiques en Iran, nous partageons notre budget détaillé, afin d’avoir une idée approximative de l’argent liquide à avoir. Ne changer pas tout votre argent en une fois, parce que vous allez ressortir avec un sac 70 L de billets ! Nous n’avons eu aucun soucis pour changer de l’argent que ce soit dans des banques, dans la rue (même si c’est soit disant déconseillé) ou dans un bazar. Parfois on payait directement en euros aussi.

  • Transports (bus et train) : 5 670 000 rials
  • Transports (taxi et snapp) : 2 244 000 rials
  • Hébergement : 10 350 000 rials + 137 €
  • Sorties / Visites : 7 210 000 rials + 20 €
  • Repas : 7 715 000 rials + 18 €
  • Divers (courses, souvenirs, cartes sim … ) : 4 389 000 rials

Les montants sont pour deux personnes sur une période de 21 jours

3 semaines en Iran

Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

2 Comments

  1. Eh mais ce budget est carrément hyper abordable ! Je ne m’intéresse que depuis peu aux pays du Moyen-Orient et lire de tel article me conforte dans l’idée que l’Iran est une destination très accessible. Et à la vue de vos photos je sens que si je passe trop de temps à parcourir votre blog je vais finir par vouloir me prendre un billet rapidement ahah !
    En tout cas merci pour cet article, j’y reviendrais sans fautes lorsque j’en aurais besoin 😉

    • Merci pour ton commentaire, on est content qu’il donne envie de découvrir ce pays. On va publier les carnets de voyage sur l’Iran aussi d’ici quelques semaines (si on y arrive à temps xD). En tous les cas, l’Iran est vraiment accessible en ce moment avec le taux de change en notre faveur.

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