Partis le 7 Avril du pied de notre cathédrale de Strasbourg, c’est l’heure de tracer un bilan intermédiaire du voyage.

6 mois sont passés, et toutes les expressions relatives au temps pourraient être amplifiées pour exprimer à quel point un torrent d’eau a coulé sous les (nombreux) ponts.

De L’Ill au Rhin, du Rhin au Riß, du Riß au Danube, du Danube au détroit des Dardanelles, puis la Mer de Marmara, le Bosphore, le Porsuk Cayi, la Mer Noire, les cours asséchés d’Iran, les rivières et lacs du Kirghizistan, et enfin le Mékong et sa couleur café au lait dans laquelle on ne tremperait pourtant pas ses lèvres.

Beaucoup d’eau pour autant de changements de “plans”. On doit pas être doué pour suivre un plan écrit d’avance sur une année, mais la leçon numéro 1 réside dans le fait d’avoir appris à s’écouter. Ecouter nos envies, se parler et s’écouter l’un l’autre sur nos ressentis.

De Strasbourg à Istanbul, nos vélos auront été nos plus fidèles partenaires. Une journée remplie de coups de pédale, avant de chercher un camp pour poser la tente le soir, entreprendre notre rituel sans même avoir à se répartir les tâches tant les gestes sont mécaniques. Puis replier la tente le matin, passer l’aspi dans notre maison nomade ( = signifie que je retourne la tente pendant que Laura tapote sur les parois.)

Qui dit Turquie, dit à la fois immensité d’un pays chaleureux au-delà de ce qu’on en attendait, mais dit aussi chiens errants. Quelques petites meutes nous ont amené à travailler notre cardiotraining et à vérifier la solidité de nos sacoches quand leurs crocs les avaient confondues avec du pâté. On a le sentiment de sentir la croquette, puisqu’on les attire à tel point qu’on n’en est plus tranquille.

Arrivant à Eskisehir, ville turque comparée à Strasbourg (la barre était mise très haute), Laura et moi devions avoir une discussion. Accueillis royalement par Meltem et Fatih (Teşekkür ederim arkadaşlar), la solution ne viendra pas de nous, mais d’eux. Leur grand coeur nous invite à rester deux nuits avec eux, nous font visiter une ville qui fait bon vivre, et, malgré la barrière de la langue, le courant passe naturellement. Meltem et Fatih partent régulièrement faire du vélo autour de Cannakale, et ils participent activement à rendre Eskisehir plus cyclable (et pour une ville Turque, le résultat est probant !)

Fous de vélo, ils nous proposent de faire une pause dans notre voyage, et de partir découvrir la Turquie en sac à dos. Pendant ce temps, ils nous garderont précieusement Wowo et Fritz dans la pièce des chats, leur offrant certainement un nouveau terrain d’exploration.

C’est alors que notre voyage a basculé ! Cette découverte du voyage léger nous a conquis, et permis de découvrir bien plus d’endroits qu’il nous aurait été offert de découvrir à vélo… Mardin, la Cappadoce, l’Iran du Nord au Sud (en Juillet, good idea) puis ces treks dans le plus Kirghize des “Stans”

Après 10 jours de vélo au Kirghizistan, nous permettant de bivouaquer dans des paysages paradisiaques montagneux, adossés à un cours d’eau, et au milieu de nulle part, nous décidons à nouveau de partir en sac à dos pour tester notre résistance sur les treks… A cheval mais également à pied. Moi qui ne suis pas un grand fan de la rando à première vue (enfin, du coup ça dépend clairement du cadre !), j’en suis totalement conquis et les paysages les plus scéniques et les plus hauts du monde commencent à me faire de l’oeil. Idem pour Laura, qui lorgne les sites de matériel de rando pour trouver des bâtons.

Nous voilà désormais en Asie du Sud Est, que nous souhaitions découvrir à vélo également. L’intense mousson de cette année et ses conséquences nous ont donné l’argument (qu’on attendait certainement) de démarrer en sac à dos. Thaïlande du Nord, Laos, et bientôt le Cambodge. Les rencontres ont fait le reste, et notre spontanéité en est à son paroxysme : désolé pour le Tour A Vélo : on part en Inde pendant 6 semaines retrouver Julien, un chouette type avec qui on a passé 2 semaines au Kirghizistan. Ce sera désormais Un Tour A Vélo MAIS PAS QUE.

C’est quoi la suite ?

Mister Hook, un Laotien issu d’une éthnie Katu, nous a conté qu’il ne fallait pas parler au futur pour ne pas s’attirer les mauvais esprits (et donc la poisse). De toute manière, comment parler du futur alors que nos 6 premiers mois ne sont qu’un cousin éloigné de notre plan d’origine ? Mister Hook a aussi dit que la polygamie était normale dans son village et que faire fumer les enfants à l’âge de 3 ans permettait d’éloigner les moustiques. Voilà voilà.

Question récurrente, on a essayé de faire un TOP 5 de ce qu’on a fait durant ces 6 premiers mois. C’est impossible, mais on s’est débrouillé pour vous sortir un Top 5 ultime des choses à voir qu’on a vu avant de mourir. Ouais !

  1. Mardin – Les 1001 nuits en Turquie à deux pas de la Syrie et de l’Irak
Ville de Mardin, dans le Sud Est de la Turquie
Coucher de Soleil sur Mardin, en Turquie. Perle de la Mésopotamie, Mardin se situe à quelques kilomètres de la Syrie et de l’Irak.

2. Ala Kul – Trek de 2 jours au Kirghizistan avec un D+ de fou furieux et un sommet à 3914m

La Ala Kul au Kirghizistan
Le Lac Ala Kul, vu depuis le Belvédère culminant à 3914m d’altitude. Ce bleu azur nous a émerveillé pendant des jours…

3. Le NamXay Top à Vang Vieng : incroyable qu’un paysage soit si photogénique

Nam Xay ViewPoint à Vang Vieng, spot photo idéal
Le Nam Xay Viewpoint, après une courte mais saignante grimpette dans la boue

4. Kul Okok – rando de 2 jours à cheval vers un lac d’altitude : 3050m le premier lac, 3500m le second.

Lac Kul Okok Kighizistan
Au terme d’une journée de cheval et un col rocailleux, la vue sur le lac nous plonge dans un autre monde. Comme de partout au Kirghizistan

5. L’Iran en globalité, les Iraniens et plus spécifiquement la magnifique cité de Yazd

Bazaar de Tabriz
Le Bazaar de Tabriz, notre première halte en Iran, en disait déjà long sur les merveilles orientales de la Perse.

 

Quel avenir pour ce blog ?

Sortis de notre léthargie identitaire, on a pris le temps de réfléchir à la suite à donner à ce site. Nombreux sont les articles rédigés sur papier mais non saisis sur ordinateur, notre volonté est de mettre à jour ce blog, petit à petit, dans les semaines à venir. Le vélo reste notre moyen favoris pour découvrir une région, et les projets sont nombreux en Europe, ainsi, on continuera (et on a déjà hâte) de documenter nos escapades à vélo, façon cyclotouristes plus qu’aventuriers 🙂

Mais ce blog étant un reflet de nous, on souhaitera également l’agrémenter de nos randonnées, treks et autres découvertes à pied, cheval, scooter, tuktuk, songthaews, chèvre, pingouins, ou je ne sais quoi d’autres.

 

Author

Co-fondateur du blog UTAV. Curieux et créatif, j'aime toucher à tout et ne pas savoir faire quelque chose m'énerve. Alors j'apprends. Pragmatique et optimiste, comptez sur moi pour avoir des idées ! J'aime les choses simples... comme un bon wifi et un café fraichement moulu, noir sans sucre.

6 Comments

  1. Pas de vélo en Inde ? Quel dommage, ça aurait été l’occasion de…. je ne trouve pas le mot correct, un truc un peu plus fort que WTF 😉
    C’est pas mal de mixer les deux j’ai l’impression. Le voyage à vélo permet de s’arrêter dans des villages où on ne fait sinon que passer en bus, mais c’est vrai qu’à devoir toujours pédaler et avancer, ça peut avoir d’autres inconvénients parfois, un peu moins d’insouciance.
    Bonne route 🙂

    • Hahaha. On s’était dit que faire du vélo en Inde pouvait être #!&@# mais finalement on s’est aussi dit que la vie c’est cool et qu’il serait dommage de jouer avec la faucheuse hahaha. Quoiqu’il en soit, le vélo reste le meilleur moyen de se déplacer selon nous. Suffisamment vite pour avancer, et suffisamment lentement pour voir le paysage défiler et surtout : rester accessible pour les rencontres. Depuis notre arrivée en Thaïlande, on a déjà loué des scooters à 4 reprises pour prendre le temps de s’arrêter où on le souhaite : bord de la route, petit village, à côté d’une école…
      Merci en tous les cas Laurent pour ton commentaire, bonne route à toi aussi ! 🙂

  2. Vos photos sont absolument sublimes. Je vous admire d’avoir eu cette idée folle de partir à vélo … C’est magnifique !

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