En 4 jours de randonnée à cheval au lac Song Kul, nous avons eu le temps de nous organiser sur la suite des vacances kirghizes. C’est tout naturellement, que nous partons, toujours à 5 en direction de Karakol, à l’est du lac Issy-Kul.

L’épopée kirghize

De Kyzart à Karakol il n’y a qu’un pas de 350 kilomètres, que l’on fait en taxi. Certes, mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu. Nous partons de Kyzart avec un premier chauffeur, qui roule tellement lentement (chose rare au Kirghizistan) que l’on se fait doubler par les camions de charbon. A Kochkor, nous récupérons nos sacs à dos que l’on empile dans le petit coffre de notre chauffeur, sous son regard bienveillant. Tout rentre au millimètre près, nous pouvons partir pour Karakol. Enfin presque … nous faisons 200 mètres et nous changeons de voiture. Regards interrogateurs ! Sans poser de questions, on reprend nos sacs pour les ranger dans notre nouvelle voiture. Un bon point pour nous, nous montons en gamme. Cette fois-ci c’est bon, on peut réellement décoller.

Les musiques s’enchainent, le son monte petit à petit. Jérôme, le copilote gère le volume et nous entamons des danses endiablées au rythme des musiques kirghizes. La nuit tombe, il nous tarde d’arriver et à notre chauffeur aussi, vu la vitesse à laquelle il conduit. Peu rassurée, je me cramponne à la « main de Dieu » et à un semblant de ceinture. Nous frôlons un cycliste, mais qu’importe, la vitesse ne diminue pas pour autant. Heureusement, notre bonne étoile a mis fin à ce calvaire à une trentaine de kilomètres de Karakol, lorsque la voiture tombe en panne. Impossible de la réparer, nous restons sur le bord de la route avec notre chauffeur, autant paumé en mécanique que nous 5. Une voiture s’arrête, quelques mots sont échangés en kirghizes et nous comprenons vaguement qu’il revient nous chercher d’ici quelques minutes. Notre troisième chauffeur nous prend en charge et nous dépose à notre hôtel, après sa livraison de fleurs !

Cette épopée nous a épuisé. Après 3 nuits en yourte, nous pouvons profiter du confort d’un hôtel. Oui mais, au Kirghizstan, même si l’hôtel a une bonne note sur booking, il faut toujours se méfier. Très rustique et au design soviétique, on ne pourra oublier l’Otel Karakol Issys-Kul et sa gérante un poil rustre. Mais bon, nous avons une douche, certes froides (pour certaines chambres).

Ascension vers Ala Kul

Notre première journée à Karakol est consacrée à la préparation du trek vers le lac Ala Kul et le camp d’Altin Arashan. Après de nombreux aller-retours entre les différentes agences, nous réservons un 4×4 qui nous déposera avant le premier camp, au petit matin. Cette solution permet d’avancer de 16 kilomètres dans le parc national, nous fait donc gagner un jour pour avoir le beau temps au lac. Nous économisons aussi plusieurs kilos d’affaires car nous ne prenons ni tente, ni duvet, ni matelas. Nous partons donc léger, à 6H30, au frais, sur les sentiers au milieu des montagnes.

C’est parti pour plusieurs heures de marche
L’équipe au complet de bon matin

Le soleil s’élève petit à petit, se fraye un chemin derrière les montagnes et vient nous réchauffer. Au fil des kilomètres, on ôte des couches de vêtements. Nous marchons, nous grimpons, on prend de l’altitude. Certains passages sont plus difficiles que d’autres mais la route est magnifique. Nous prenons plaisir à nous arrêter, regarder derrière soi et admirer la grandeur des montagnes.

Le soleil fait son apparition
Ca grimpe fort !

Chacun à son rythme, le souffle court, nous arrivons au lac Ala Kul à 3600 mètres d’altitude. A la vue du lac, chacun y va de son interjection avant de retrouver une respiration quasi-normale. Le lieu est parfait pour sortir le pique-nique et nous savourons nos sandwichs dans un décor de carte postale.

Le belvédère n’est plus très loin mais nous gagnons encore 300 mètres d’altitude. Depuis le sommet, à 3900 mètres, nous sommes heureux et fier d’y être arrivé. Le panorama sur les glaciers et le lac en contrebas est époustouflant. Rarement nous avons vu quelque chose de si beau et y arriver à pieds, après plusieurs heures de marche, donne encore plus d’éclat à la récompense.

Photo de groupe
Lac Ala Kul
Mais où est Jérôme ?
Depuis le belvédère, vue su le lac Ala Kul

La première partie de la descente s’annonce raide, si bien que l’on commence sur les fesses pour ne pas glisser. Au fur et à mesure des kilomètres, le paysage rocailleux laisse place à une verte vallée, digne des plus beaux paysages bavarois. Au fur et à mesure des kilomètres, la fatigue se fait ressentir. Les pieds et les genoux douloureux, nous arrivons au camp d’Altin Arashan au bout de 27 kilomètres de randonnée. Dans notre yourte au confort sommaire, nous ne faisons pas long feu, le genou de Julien a lâché, j’ai les pieds en compote, il nous faut une bonne nuit de sommeil.

La descente casse-gueule (© Camille ou Julien xD)
Lac Ala Kul
Un paysage de plus en plus vert

Le lendemain nous entamons nos dernières heures de marche en direction d’Ak Suu. Le temps est mitigé, la pluie se joint à nous pour une courte durée. Certaines descentes plus raides que d’autres donnent du fil à retordre aux genoux capricieux. Puis, nous longeons la rivière Arasan jusqu’au abord d’un village qui sonne la fin de notre randonnée. En cherchant l’arrêt de bus, un homme s’arrête et nous propose de nous déposer à Karakol, directement à notre auberge. Nous posons nos sacs à dos dans le coffre de la voiture, à côté de la viande de mouton qui croupit dans un sachet plastique.

Frères de sac

En récompense de ces deux jours de marche, 44 kilomètres au total, nous nous goinfrons d’une pizza qui nous faisait de l’oeil depuis le début de la journée. Telle une carotte que l’on tend à un âne pour qu’il avance, l’image d’une pizza était notre énergie pour garder le rythme. Comme nous étions des adeptes des yourtes, c’est tout naturellement que nous prenons 5 lits dans une yourte chez Duet Hostel, notre auberge à Karakol. Grave erreur ! Le chien du voisin, visiblement en forme, n’a pu s’empêcher d’aboyer à plein poumon pendant la nuit. Clément ira même lui envoyer quelques cailloux, ce qui le calmera un certain temps. Mes boules quiès n’étant pas assez efficace, je tente de couvrir le bruit avec des podcasts et la tête sous le coussin !

Bref, sans regret nous quittons Duet Hostel pour rejoindre le petit village de Tosor, près du canyon Skazska.


Informations pratiques :

  • Réservation du 4×4 et de la yourte à Altin Arashan au Tourism Information Center de Karakol
  • Prix du 4×4 : 4000 soms pour 5
  • Prix de la nuit au camp avec repas et petit-déjeuner : 900 soms
  • Possibilité de louer du matériel de camping dans la ville si vous souhaitez partir en autonomie
Author

Co-fondatrice du blog Un Tour à Vélo. Passionnée par la photographie et les médias sociaux. Je capture, j'écris, je partage, mais avant tout, j'apprécie les choses simples de la vie (comme une bonne raclette !)

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